Une question de conservation

Au regard de sa valeur exceptionnelle, il est étrange que le manuscrit n’ait jamais jusqu’à ce jour fait l’objet d’une étude approfondie et que le public ne l’ait jamais vu. Les conditions dans lesquelles le livre était conservé ne le permettaient tout simplement pas.

Sa reliure du vingtième siècle était beaucoup trop serrée et causait des plis dommageables au parchemin. Les pigments et l’abondance de feuilles d’or des miniatures posaient aussi des problèmes qui sont maintenant résolus grâce à un projet international de recherche et de conservation auquel ont participé des chercheurs belges, néerlandais, suisses, italiens, britanniques et américains. Les nouvelles techniques de restauration ont permis de révéler les secrets du livre et la virtuosité d’Orimina. L’exposition braque ses projecteurs sur la Bible d’Anjou avant qu’elle disparaisse pour longtemps dans le coffre-fort de la bibliothèque.

Suivez son évolution 

Le projet de la Bible n’est pas une affaire secrète. Les résultats du processus de recherche sont repris dans le livre d’art de langue anglaise The Anjou Bible. A Royal Manuscript Revealed. Naples 1340, Peeters Publishers, Leuven. Série: Corpus of Iluminated manuscripts, ed. Lieve Watteeuw and Jan Van der Stock, K.U.Leuven, Leuven, 2010. Des essais des plus grands spécialistes en la matière apportent un jour nouveau sur l’extraordinaire rayonnement artistique à la Cour de Robert d’Anjou Ier ainsi que sur la genèse de la bible et toutes les méthodes de recherche. L’ouvrage est richement illustré.
La conservation donne aussi l’occasion de numériser entièrement la bible en faisant appel aux toutes nouvelles technologies. Tous les folios de la Bible d’Anjou pourront être consultés sur ordinateur à partir du 17 septembre, sur le lieu de l’exposition et en ligne sur ce site d’Anjou.
Des images à haute résolution et des fonctions zoom permettent d’étudier les miniatures dans les moindres détails. L’apport d’informations contextuelles et d’index permet de faire un lien direct entre l’image et son descriptif. Cette présentation numérique répond à un des grands défis à l’ère numérique : faire connaître au grand public une pièce précieuse et fragile de notre patrimoine culturel.